Publié dans Histoires de pêche.

Le destin est parfois cruel. 

Certains appèleront ça le hasard, moi je crois plutôt que c’est le destin, tout était déjà écrit à l’avance.

 
Je ne sais pas si c’est propre à tous les pêcheurs mais pour nous le plus gros du travail, c’est la recherche de spots. Avant chaque sortie la fameuse question, devenue presque tabou, revient comme un pavé dans la marre : « On va où ?!?  »

Entre nous, Nath, Seb et moi-même, c’est à qui dégainera le premier la question tant redoutée ! De cette façon, tu te débarrasses d’office de cette étape, qui pour nous est devenue un calvaire et tu laisses le soin aux deux autres de démarrer les hostilités. Après avoir retourné Google Map et notre répertoire perso, le spot est enfin chois, non sans mal. Pour corser encore un peu plus le truc, il n’est pas rare qu’une fois arrivé sur place, un facteur fasse que, tout tombe à l’eau… 

Ce jour là nous arrivions donc hyper motivés sur le lieu choisi et… ploufff ! Trois ou quatre float tube déjà sur place. Arfff….n’étant pas du genre à se marcher dessus, on laisse tomber et passe au plan B, qui n’existe pas encore d’ailleurs… Un petit tour rapide sur Google et bingo ! On a un spot connu juste à côté et ça fait un bail qu’on n’y est pas allé. C’est l’occasion, go ! 

Un signe du destin ?! On verra ! 

Nous voilà donc, enfin le cul sur le float. La météo n’est vraiment pas top pour une session pike. Un beau soleil, pas un brin de vent et cerise sur le pompon, une eau cristalline. On distingue parfaitement le fond jusqu’à 5/6 mètres. Je sens déjà qu’on va trouver le temps long et effectivement, il aura fallu attendre plus de deux heures avant la première touche. Nath ouvre le bal avec un superbe poisson, d’environ 80 cm. C’est peut-être un pic d’activité, faut en profiter et vite, ils ne seront sûrement pas nombreux aujourd’hui. On  entame donc une prospection minutieuse du secteur, pensant être sur une piste. Nath enchaîne avec un deuxième poisson un peu plus modeste mais pas de grand chose. Elle devient de plus en plus redoutable, on a intérêt à ouvrir l’œil et le bon ! Une vingtaine de minutes plus tard, toujours sur le même secteur, c’est à mon tour d’annoncer « Poissonnn!!! « . Après presque trois heures sans la moindre sensation au bout de la ligne, cette touche me remonte légèrement le moral. Mais la tête qui sortira de l’eau après le ferrage, m’infligera de suite une pression énorme ! J’entends mes deux acolytes s’égosiller : « c’est métré, poutre, c’est gros, oh la tête !!! ». Ok, merci pour votre soutien les mecs mais j’avais remarqué ! 

C’est lourd, mais ça fight pas et pour cause, quand il sort la tête de l’eau, je me rends compte qu’il est piqué au fond de la gueule. Je décides donc de le combattre jusqu’à la berge pour le décrocher proprement et confortablement du bord, et ainsi minimiser les risques, aussi bien pour le poisson que pour moi. S’en suit un combat tout en douceur, enfin, autant que possible avec Master Esox au bout du fil. La bataille ne débutera réellement que lorsqu’il me verra tendre la main pour le saisir. Il repartira en trombes, m’obligeant à desserrer  mon frein afin d’éviter toute effusion de sang et ainsi préserver au mieux l’intégrité physique de mon adversaire.
Après plusieurs tentatives, je le tiens enfin. Rapidement j’effectue une petite opération de chirurgie dentaire et plus de peur que de mal, les branchies ne sont pas touchées tout va bien. Place à la séance photo et aux mensurations d’usage. Verdict : 4cm au dessus de la barre mythique !
Je revis, la pression retombe, ma session est faite et ma journée est comblée. Une touche, un métré, c’est parfait, il ne me reste plus qu’à profiter du paysage en promenant mes leurres. Enfin le destin en décidera autrement et même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais songé à ça.

Le calme retombe sur le lac, le mode « Off » se ré-enclenche, une heure se passe  et plus rien, enfin j’ai bien fait suivre un joli poisson mais l’eau claire démasquera ma supercherie et il repartira sans même toucher mon leurre. Ma première touche a été plutôt timide, je n’aurai pas parié sur la taille du poisson, la deuxième sera totalement différente. Elle surviendra au ras du fond à une vingtaine de mètres de mon float, elle a été si violente que je n’ai même pas eu le temps de crier « poisson! », un « Ooohhhhh !!! » est sorti du fond de mes entrailles, qui a résonné sur tout le lac. Certainement la plus grosse touche de pike que j’ai subi jusqu’à présent ! Un vrai combat, rien à voir avec le premier, de quoi me faire remonter la jauge de pression en zone rouge. Je l’apercevois enfin, après avoir lutté sur plus d’une vingtaine de mètres pour le ramener, il s’offre enfin à mes yeux. Pas trop mal pour la deuxième touche de la journée, c’est le même gabarit que le premier. Le destin aurait il mis sur ma route deux poissons trophées le même jour ? J’y croirais seulement quand je l’aurai saisi. Ce qui fut chose faite la minute suivante. 

« Seb sort le mètre, vite ! Alors, alors combien?! 101 mon pote !!! « 

Invraisemblable, j’ai touché deux poissons métrés dans le public, en région parisienne et le même jour ! Mes, je l’espères, futurs petits enfants n’ont pas finis de l’entendre celle-là ! 

L’histoire aurait pue être belle et s’arrêter là mais le destin en décidera autrement. Pour moi, faut pas déconner non plus, elle s’arrêtera là, pour Nath c’est un peu différent, l’histoire ne fait que commencer en réalité. 

Par deux fois nous l’a surprendrons tremblotantes, les nerfs à vif, murmurant « je viens de faire suivre un monstre ! » « Encore un, il est encore plus gros que l’autre ! ». La pauvre commence à perdre patience, jure toute seule dans son coin et pour finir scelle son sort d’un, « De toute façon c’est pas pour moi aujourd’hui ! ». Ne force pas trop le destin non plus Nath. Allez on re-peigne vite fait une dernière fois le secteur avant de partir. Une erreur fatale, sincèrement on aurait jamais dû. 

Nous revenons donc sur nos pas pour refaire un passage rapide sur la zone. Arrivés pile à l’endroit où Nath à croisée le premier Follower, on va vivre une séquence assez traumatisante. On est là, on y croit plus trop, près à faire demi-tour et Nath n’en finit plus de marmonner, « Quand tout à coup », sous nos yeux, elle reçoit une énorme décharge ! Le poisson lui prend cinq mètres de fil à la touche et plus rien… Effrayant ! Quelle déception, la pauvre finit presque en pleure après cette scène, on a tout vu et c’était gros, même très gros. Cette journée, qui pour moi devait être certainement l’une des meilleures sessions de ma vie, a vite virée du rêve au cauchemar. Je ne peux fêter ma victoire en regardant les larmes couler sur ses joues. 

Heureusement, la connaissant d’ici quelques jours cette histoire sera oubliée, elle ne tardera pas à rebondir la crapule et ça aussi c’est déjà écrit.

Une journée pas comme les autres en Laponie Parisienne, où le destin aura mis sur ma route deux trophées et par un enchaînement d’événements inattendus, gâchera tout l’instant d’après. 

 “Ce que la plume du destin a écrit, tout l’art des hommes ne peut l’effacer.” ( Proverbe Turc )

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4 commentaires sur « Le destin est parfois cruel.  »

  1. Bien joué jolie fish et magnifique histoire dégoûtée pour Nath mais C est à charge de revanche qu’elle fera very Big Fish.je suis tout vos résumé de chaque sortie vous faites rêver tout le monde bravo à vous trois

    Aimé par 1 personne

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